Remiremont

    Grand Orgue de l’église abbatiale de REMIREMONT

Le premier orgue daterait des années 1691 et aurait été offert par le chanoine Claude Estienne Renouard. Mais la présence d’un orgue avait déjà été signalée en 1632 et en 1678 . Le facteur en est inconnu mais il pourrait s’agir soit de Charles Waltrin , originaire de Mirecourt , soit de Jean Treuillot, facteur à Langres . Cette hypothèse est retenue par Christian Lutz qui souligne que le premier organiste de cet instrument ne fut autre que Barbe Treuillot, la fille de Jean Treuillot. Celui-ci a par ailleurs construit l’orgue pour l’église paroissiale de Remiremont entre 1702 et 1703. Enfin la structure du buffet, actuellement conservé à Bar sur Aube, est assez conforme aux habitudesTreuillot.

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L’instrument fut plusieurs fois réparé : en 1727 par Charles CACHET , qui pourrait être le fils illégitime de Barbe Treuillot , en 1734 par Jean Jodoc VONESCHE de Nancy qui ajouta un cornet d’écho et un soufflet supplémentaire. Entre 1744 et 1751, la tribune de l’orgue fut rénovée et la décoration du buffet remise au goût du jour. En 1749/1750, Sébastien GARNIER et Laurent PERROTTE, facteurs à Lunéville, interviennent également sur l’instrument qui fut à nouveau réparé vers 1781 par Nicolas DUPONT, facteur à Nancy.

A la révolution, l’orgue resta en place et l’église abbatiale fut cédée à la paroisse. La fabrique envisagea d’entreprendre des réparations d’envergure. Mais ce n’est qu’en 1842 que Nicolas Antoine LETE , facteur à Mirecourt , proposa la construction d’un orgue entièrement neuf, à l’exception des buffets. Mais la fabrique décida de faire construire un nouveau buffet néo-gothique. Ainsi le magnifique buffet, soit disant vermoulu, se retrouva réutilisé par LETE à Bar sur Aube en 1845 et l’église de Remiremont réceptionna un nouvel orgue le 5 mars 1845 .

LETE assura l’entretien de l’orgue jusqu’à sa retraite en 1854 et fut remplacé par Jean Nicolas JEANPIERRE puis par les frères GEHIN.

Composition de l’orgue LETE en 1845 :

Positif de dos

54 notes

Grand – Orgue

54 notes

Récit expressif

30 notes

Flûte 8 – Bourdon 8 – Flûte 4 – Gambe 8 – Doublette 2 – Galoucet 2 – Tierce 1 3/5 – Fourniture 3 rgs – Cromorne 8 – Basson Hautbois 8 B et D –

 

Bourdon 16 – Flûte 8 – Bourdon 8 – Gambe 8 – Prestant 4 – Nazard 2 2/3 – Doublette 2 – Cornet 5 rgs – Fourniture 4 rgs – Trompette 8 B et D – Clairon 4 – Voix humaine 8 –

Bourdon 16 – Flûte 8 – Dulciane 4 – Hautbois 8 – Clarinette 8 –

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Pédale ( 18 notes ) :

Bourdon 16 – Flûte 8 – Flûte 4 – Trompette 8 – Clairon 4

A la mort d’ Étienne GEHIN, l’entretien de l’orgue revint définitivement à la maison de Rambervillers qui proposa de nombreux devis allant même jusqu’à reconstruire l’orgue mais n’effectua que quelques travaux secondaires. Ce n’est qu’en 1937/38 que de nouvelles modifications furent entreprises par Victor GONZALEZ : la pédale fut étendue à 30 notes, les claviers furent changés, une machine Barker ajoutée et quelques jeux modifiés . Ces travaux firent de l’instrument le premier orgue d’esthétique néo-classique dans le département des Vosges.

Un relevage fut effectué en 1957 par JACQUOT-LAVERGNE puis en 1967 par DANION-GONZALEZ qui ajouta une bombarde de 16 à la pédale. En 1975/76, cette même entreprise remplaça la mécanique de LETE par une transmission à fils d’acier, réharmonisa les pleins-jeux. En 1987, la Gambe 8 de LETE fut recoupée en flûte 4, la clarinette remplacée par une Cymbale.

L’orgue a été restauré par la SARL BETHINES LES ORGUES BOISSEAU GABORIT en 2005. La transmission à fils d’acier a été remplacée par une transmission mécanique. L’orgue comprend 37 jeux répartis sur trois claviers et le pédalier.

Positif de dos

54 notes – 9 jeux

Grand-Orgue

54 notes – 12 jeux

Récit Expressif

54 notes – 10 jeux

Pédale

30 notes – 6 jeux

Flûte 8 – Bourdon 8 – Gambe 4 – Flûte 4 – Doublette 2 – Tierce 1 3/5 – Plein Jeu 5 rgs – Cromorne 8 – Basson Hautbois 8 B et D

Bourdon 16 – Montre 8 – Bourdon 8 – Gemshorn 8 – Gambe 8 – Prestant 4 – Doublette 2 – Cornet 5 rgs – Fourniture 4 rgs – Cymbale 4 rgs – Trompette 8 – Clairon 4

Bourdon 8 – Dulciane 8 – Quarte 2 – Voix céleste 8 – Flûte 4 – Sesquilatera – Plein jeu 4 rangs – Trompette 8 – Basson hautbois 8 – Voix humaine

 

Soubasse 16 – Flûte 8 – Flûte 4 – Bombarde 16 – Trompette 8 – Clairon 4

Acc Pos/GO et Récit/GO – Tirasses I , II et III

Concerts d’inauguration ( Photos E. RICHARD )

L’orgue a été inauguré le 21 octobre 2005 par Jean GUILLOU. Un écran géant avait été installé dans la nef et chacun a pu ainsi suivre les moindres gestes de l’organiste. De plus, les commentaires sur les pièces jouées étaient faits par le maître en direct de la tribune avec liaison son et image. Dans une abbatiale bondée, Jean GUILLOU a interprété :

– Prélude & fugue en Mi mineur de J-S BACH
– Sinfonetta de Jean GUILLOU
– Concerto en Do majeur de BACH-VIVALDI
– Fantaisie en Fa mineur de W-A MOZART
– Pièce Héroïque de C. FRANCK
– Improvisation sur le thème du Magnificat.

 

Le buffet est néo-gothique, dessiné par l’architecte Danis et réalisé par l’entreprise Ciroux. Ce buffet, peut-être inspiré par celui de la basilique Saint Denis, a été ensuite souvent copié ( Padoux, Val d’Ajol, Rupt sur Moselle…) .

 Photos Emmanuel Richard, organiste d’ Eloyes (88) .