La Bresse

Orgue de l’église de LA BRESSE

                     

La première mention d’un orgue à La Bresse remonte au 25 juillet 1680 . Ce premier orgue semble avoir été remonté dans la nouvelle église en 1731. Il serait demeuré en usage jusqu’à la révolution. Le 25 brumaire de l’an V, une expertise fut demandée à Jean Nicolas Jeanpierre, résidant à Ventron et grand père du facteur Jean Nicolas Jeanpierre. Il nota la présence d’un orgue «  tombant en ruine « . L’orgue ne fut pas vendu mais fut détruit lors de l’incendie de 1803.

Un nouvel orgue de 34 jeux sur 3 claviers et pédalier fut posé en 1822 par Joseph CALLINET, facteur à Rouffach. Ni la composition d’origine, ni la photo du buffet ne sont connues. Cet instrument, le premier grand instrument construit dans les Vosges après la révolution servit vraisemblablement de modèle aux facteurs vosgiens au début du XIX ° siécle.

Essai de reconstitution de la composition de 1822 ( d’après Christian Lutz dans l’inventaire des orgues des Vosges).

Positif de dos – 50 notes

Grand Orgue – 50 notes

Echo- 27 notes

Bourdon 8 – Flûte traversière 4-8 – Prestant 4 – Nazard 2 2/3 – Doublette 2 – Tierce 1 3/5 – Sifflet 1 – Fourniture – Cromorne 8 –

Bourdon 16 – Montre 8 – Bourdon 8 – Flûte traversière 4-8 – Prestant 4 – Nazard 2 2/3 – Doublette 2 – Tierce 1 3/5 – Cornet 5 rgs – Fourniture – Trompette 8 – Clairon 4 – Voix humaine 8 –

Bourdon 8 – Flûte 8 – Prestant 4- Cornet 3 rgs – Hautbois 8 –

Pédale 15 notes : Bourdon 16 – Flûte 8 – Flûte 4 – Trompette 8 – Clairon 4 –

Une première transformation est réalisée en 1842 par Jean Nicolas JEANPIERRE . Le devis prévoyait de porter l’étendue des claviers de 50 à 55 notes. Théodore JAQUOT acheva en mai 1877 une grosse réparation pour le prix de 11 200 fr: relevage complet, remplacement de la soufflerie, des claviers, de la mécanique, installation d’une nouvelle pédale de 25 notes et d’un récit expressif de 49 notes… Au positif, les jeux de Tierce, Fourniture et Sifflet devaient être remplacés par une Flûte octaviante 4 et une Dulciana 4 ; au grand-orgue, la Voix humaine devait être remplacée par un salicional 8. Mais tous les travaux n’ont pas été effectués.

L’orgue fut encore remanié par Jaquot en 1905 puis par Joseph VOEGTLE en 1929/30 qui rendit le positif expressif en ajoutant des jalousies derrière les tuyaux de façade. En 1905, grâce à un don d’une demoiselle Victoire, un orgue de choeur fut acheté à Henri DIDIER pour accompagner le choeur des enfants et les chantres. Cet orgue fut sinistré à 75% en 1944. Le grand orgue fut moins atteint . Mais regroupant les indemnités, un nouvel orgue fut commandé à Roethinger, de Strasbourg. Seul des tuyaux anciens furent réutilisés et l’instrument , électro-pneumatique, fut inauguré le 15 novembre 1953 par Jean CREUSOT, organiste de saint-Martin à Saint-Dié.

GRAND ORGUE – 56 notes

RECIT EXPRESSIF – 56 notes

PEDALE – 30 notes

Montre 8 – Bourdon 8 – Flûte 8 – Prestant 4 – Flûte à cheminée 4 – Doublette 2 – Fourniture 4 rgs – Trompette 8

Bourdon 16 – Diapason 8 – Flûte trav. 8 – Salicional 8  – Voix céleste 8 – Principal 4 – Flûte douce 4 – Nazard 2 2/3 – Flageolet 2 – Tierce 1 3/5 – Plein Jeu 3-4 rgs  – Basson Hautbois 8

Soubasse 16 – Basse 8 – Flûte 8 – Flûte 4 – Bombarde 16 – Trompette 8 – Clairon 4

Acc II / I en 16 , 8 et 4 – Tirasses I et II – Tutti – trémolo II (refait en 2009).

On trouve encore une quantité importante de tuyaux provenant de l’orgue précédent dont une partie des tuyaux de Callinet qui sont en étain ou en étoffe et d’une construction particulièrement soignée.

L’instrument a été complètement restauré en 2007 par le facteur allemand Gerd MAYER. La partie électrique a été à cette occasion entièrement révisée et les contacts ont été remplacés. Les tuyaux de façade ont été brossés et ils ont retrouvé leur éclat d’origine. Le trémolo qui datait de 1953 a été remplacé en 2009.

Comme c’est souvent le cas pour les orgues de dommages de guerre, la boiserie est d’une affligeante indigence, se limitant à un soubassement en contreplaqué chêne clair, supportant des tuyaux de façade en zinc, avec écussons rapportés en plein cintre.

L’orgue Callinet était touché par LAMBERT, qui donna des leçons de musique au jeune Romary GROSJEAN qui habitait alors à Rochesson. Il était encore en fonction en 1838.

Lambert eut pour successeur Laurent CHEVRIER (1829/1882), un jeune garçon qui se forma chez l’organiste de Wildenstein (68). Il du abandonner son poste en 1873 pour des raisons de santé.

De 1873 à 1882, l’organiste fut Camille LAURENT, qui partit ensuite dans le Nord.

De 1882 à 1923, ce fut Anatole AUBERT qui tint les claviers. Il était élève et le gendre de HINGRE, organiste de Mirecourt, qui était également bressaud d’origine. Il mourut en 1937.

De 1923 à 1944, l’organiste fut Camille AMET qui partit à Thiéfosse aprés la déportation. Son fils Marc, élève de l’ école Niedermeyer , fut victime de la guerre.